
L'élimination des barrières interprovinciales dans l'industrie de la construction
Le Droit - Jeudi 23 septembre 1993
Julie Lemieux
Armés d'une
pétition de quelque 20 000 noms, des représentants
de l'Association pour le droit au travail (ADAT)
ont envahi, hier, le bureau du député libéral de
Hull, Robert LeSage, pour le convaincre de
l'urgence d'éliminer les barrières empêchant les
ouvriers ontariens de la construction de
travailler au Québec.
«Ces 20 000 signatures récoltées en quatre
jours démontrent la répugnance de la population de
l'Outaouais envers la Commission de la
construction du Québec (CCQ)», a affirmé le
président de l'ADAT, Jocelyn Dumais, qui
exige ni plus ni moins que l'abolition de cet
organisme gouvernemental. Une quarantaine de
municipalités et de villes, dont Gatineau, Aylmer,
et Chelsea, ont aussi appuyé par écrit les
démarches de l'association.
Selon M. Dumais, ce ne sont pas des «barrières»
qui empêchent les travailleurs ontariens de gagner
leur vie au Québec, mais plutôt des lois désuètes
qui ne respectent pas le climat économique actuel.
«Il faut que l'Outaouais soit exclue de cette loi
de la construction», a-t-il lancé.
«Vous n'avez pas à me convaincre qu'il faut
changer les règles dans le domaine de la
construction. C'est certain qu'il y a une volonté
de changer les règles du jeu et que la CCQ devra
suivre», a indiqué le député
LeSage. Mais le député ne s'est pas montré très
chaud à l'idée d'abolir la commission. «Je crois
qu'il faut modifier la loi et établir des règles
spécifiques avant de faire sauter les barrières»,
s'est-il contenté de dire.
M. LeSage a assuré qu'il contacterait dès
aujourd'hui le ministre québécois du Travail,
Norman Cherry, pour lui faire part des
revendications de 'ADAT et qu'il lui remettrait en
main propre la pétition et la lettre de
l'association.
«Après ça, il faudra attendre le Sommet de la
construction du 25 octobre pour connaître ce qui
pourra être fait. Je vais m'assurer qu'il y aura
un représentant de l'Outaouais à cette rencontre
parce que je crois que les problèmes dans le
domaine de la construction sont plus graves dans
la région», a déclaré le député libéral, qui
n'envisage aucune action concrète d'ici là.Le
temps presse, car le gouvernement ontarien a déjà
clairement démontré son intention d'imposer des
représailles aux compagnies québécoises de la
construction dès le 1er novembre, si le Québec
n'ouvre pas ses frontières aux travailleurs de
l'Ontario. Selon M. Dumais, cet ultimatum ne peut
qu'aiderl'ADAT dans ses démarches. «Je crois que
le gouvernement de l'Ontario est notre meilleur
allié, car lui aussi veut contester la
constitutionnalité de la loi québécoise sur la
construction. Ça serait déplorable qu'on ait à se
rendre jusqu'à imposer des représailles aux
travailleurs québécois, mais si le gouvernement du
Québec a besoin de ça pour agir, je crois que
c'est une solution acceptable», a-t-il conclu.
ILLUSTRATION
| Photographe: |
Lafleur,
Michel | Le président
de l'ADAT, Jocelyn Dumais, à
droite, et le député libéral de Hull, Robert
LeSage, qui lui promet un représentant de
l'Outaouais au Sommet de la construction du 25
octobre.
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