
L'ADAT crie victoire
L'ADAT crie déjà victoire
Le Droit - Mardi 28 septembre 1993
Joel-Denis Bellavance
L'Association
pour le droit au travail (ADAT) a crié victoire,
hier, quand le gouvernement de l'Ontario a annoncé
d'importantes mesures de représailles contre la
province de Québec, notamment dans l'industrie de
la construction.
Son président, Jocelyn Dumais, qui
mène une bataille de tous les instants pour que le
gouvernement québécois change les règlements dans
cette industrie, a déclaré au Droit que
cette décision de Queen's Park constituait un pas
vers la résolution de cette épineuse question.
«C'est ce que nous voulions que le gouvernement
de l'Ontario fasse, qu'il mette de la pression sur
le gouvernement du Québec en imposant des
sanctions. Maintenant, il ne fait aucun doute que
Québec devra agir dans ce dossier», a soutenu M.
Dumais.Ce dernier est allé jusqu'à bloquer le pont
Cartier-Macdonald, l'été dernier, dans le but de
forcer la main au gouvernement du Québec.
«Les jours de la Commission de la construction
du Québec sont comptés. Ces mesures de l'Ontario
sont encore plus sévères que celles que le
Nouveau-Brunswick a imposées (il y a quelques
mois)», a encore dit M. Dumais.
Les membres de l'ADAT n'auront peut-être plus
besoin de vendre la maison qu'ils sont à
construire à Gatineau afin de payer les frais
judiciaires d'une contestation des lois
québécoises régissant l'industrie de la
construction.
«Nous allons devoir la donner à une oeuvre de
charité puisque les choses vont sûrement
débloquer», a conclu Jocelyn Dumais.
Interrogée au sujet de l'élan protectionniste
du gouvernement ontarien, le maire d'Ottawa,
Jacquelin Holzman, a indiqué qu'elle recommandera
à ses collègues du conseil municipal d'emboîter le
pas à la province dès leur prochaine réunion.
«La province s'est finalement rendue compte de
tous les problèmes que les lois du Québec nous
causaient. Je compte proposer au conseil municipal
d'aller aussi loin que le gouvernement ontarien»,
a-t-elle dit.
Pas le choix
De son côté, le président de la Municipalité
régionale d'Ottawa-Carleton, Peter Clark, a
indiqué qu'il était temps que la province mette le
pied à terre.
«Nous avons fait tous les efforts pour
convaincre le gouvernement du Québec de changer
ses lois, mais il ne les a pas encore changées. Ce
n'est pas quelque chose que nous aimons, mais nous
n'avons pas le choix», a dit le président régional
qui se trouvait à Toronto, hier, quand la ministre
de l'Industrie et du Commerce, Frances Lankin, a
annoncé les mesures de représailles.
M. Clark a dit estimer que cette décision de
Queen's Park contribuera à une résolution rapide
du litige entre l'Ontario et le Québec, ajoutant
qu'il ne voyait pas là le début d'une guerre
commerciale sans fin: «Dans la région, tout le
monde, y compris les élus de l'autre côté de la
rivière, est favorable à l'abolition des obstacles
à la libre circulation au Québec. J'espère que
toute cette affaire se réglera rapidement.»
La MROC doit elle aussi adopter des mesures
semblables au début du mois de novembre. Les
fonctionnaires régionaux sont à dresser une liste
de représailles, mais le président régional a
indiqué que des mesures, telles que l'achat
d'autobus uniquement en Ontario, s'appliqueront
immédiatement.
La MROC achète en moyenne 35 autobus par année
de la compagnie québécoise Nova, ce qui représente
une somme de six millions $.
ILLUSTRATION
Le président de l'Association pour le droit au
travail, Jocelyn Dumais, estime
que la décision de Queen's Park constitue un pas
vers la résolution de la question de la libre
circulation des travailleurs entre le Québec et
l'Ontario.
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