L'Association
pour le droit au travail (ADAT) profitera du
Sommet de la construction, qui aura lieu à
Montréal les 27, 28 et 29 octobre, pour exiger
l'abolition des barrières dans l'industrie de la
construction, son cheval de bataille depuis des
mois.
Jocelyn
Dumais, le président de l'ADAT,
soutient que les décisions récentes des
municipalités ontariennes de boycotter les
entrepreneurs et les travailleurs québécois
commencent à se faire sentir. «Il faut absolument
que Québec ouvre ses frontières, sinon la
situation va empirer», a ajouté M. Dumais. Des
travailleurs québécois songent sérieusement à
déménager en Ontario. C'est l'Outaouais québécois
qui va en souffrir.»
M. Dumais déplore le fait que le gouvernement
ontarien n'ait pas été invité au Sommet de la
construction.
L'ADAT a fait parvenir sept résolutions qui y
seront débattues. L'organisme veut l'abolition des
quotas ou des bassins de travailleurs dans les
régions. Il plaide aussi pour la formation en
milieu de travail avec des examens à compléter,
soit 25 % de théorie et 75 % de pratique. De plus,
l'ADAT veut la reconnaissance des examens subis
hors province, en autant que ceux-ci soient
similaires à ceux obtenus au Québec.
Un entrepreneur, Robert Dulepka, qui est venu
donner son appui à l'ADAT, a indiqué que certains
de ses employés songeaient à donner une adresse
d'un ami ou d'un parent en Ontario pour garder
leur droit de travailler de l'autre côté de la
rivière. M. Dulepka, dont les employés sont à 89 %
Québécois, pense que si la situation ne change
pas, ses activités pourraient être paralysées.
Il craint aussi des actes de violence chez les
travailleurs. «Les gars sont 'crinqués'. J'ai peur
d'une révolte», a dit l'entrepreneur.
Le boycott des entreprises québécoises pourrait
faire perdre de 12 à 15 millions $ chez le
marchand de bois Pilon Ltée, a indiqué Roland
Lavoie, de chez Pal. L'entreprise fait environ 20
millions $ d'affaires avec l'autre côté de la
rivière.
Parce que Québec refuse l'accès aux
travailleurs ontariens, toutes les municipalités
de la MROC, à l'exception de Vanier, ont annoncé
des mesures de rétorsion visant à restreindre
l'entrée des travailleurs et des entreprises
québécoises sur le territoire ontarien.
«Nous avons assez de problèmes avec la
récession, pourquoi en créer avec des barrières
qui empêchent les gens de travailler?» a conclu M.
Dulepka.
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