
Des ouvriers manifeste Labine
Des ouvriers manifestent chez Labine
Le Droit - Mardi 14 décembre 1993
Jules Richer,
Une
centaine d'ouvriers de la construction ont
manifesté, hier après-midi, devant la demeure du
maire de Gatineau, Robert Labine.
Tout en scandant des slogans comme «Labine = le
pouvoir aux riches», «Labine, la loi 142 on n'en
veut pas» et «Labine, le parrain», les
travailleurs, des syndiqués de la CSN et de la
FTQ, ont défilé pacifiquement devant la maison de
la rue Hillcrest.
Ils ont pris M. Labine pour cible parce que
celui-ci se serait montré favorable au travail au
noir.
«M. Labine a endossé les positions de l'ADAT
(Association pour le droit au travail), lors d'une
séance du conseil municipal», a expliqué Léopold
Marion, président régional de la CSN-Construction.
De plus, M. Marion a rappelé que le maire
Labine avait pris part au Sommet de la
construction, en novembre, à titre de représentant
de la l'APCHQ, une association de constructeurs
qui appuie le projet de loi 142. Ce projet prévoit
notamment la déréglementation du secteur
résidentiel.
«En plus d'être maire, c'est aussi un
entrepreneur et un promoteur qui appuie la loi
142», a dit M. Marion.
Il faut ajouter que cette manifestation
coïncidait avec l'adoption, hier, d'une loi
matraque par l'Assemblée nationale qui prévoit de
lourdes amendes pour les ouvriers et les syndicats
qui feront la grève.Le maire Labine ne se trouvait
pas en ville, hier: il était encore en Floride où
il s'afférait à mettre la dernière main au budget
de la ville.
Après avoir défilé pendant une demie heure, le
groupe de syndiqués s'est ensuite rendu quelques
rues plus loin, devant une maison construite par
l'ADAT, dont la vente devrait servir à financer
les activités de l'association. Encore là, pas de
casse: la police de Gatineau, qui avait dépêché
quatre voitures, et le service d'ordre des
manifestants veillaient.
M. Marion a expliqué qu'il n'était pas question
de recourir à la violence et que son syndicat et
la FTQ avaient pris tous les moyens pour
l'éviter.Il a reconnu que les images de violence
que la télévision avait diffusées au début des
moyens de pression des travailleurs de la
construction n'avaient pas aidé leur cause.
Par ailleurs, question grève, il faut rappeler
que l'Outaouais a fait bande à part jusqu'à
maintenant. Contrairement au
Saguenay-Lac-Saint-Jean et à Montréal, les
ouvriers de la région n'ont pas suivi le mot
d'ordre et les chantiers ont poursuivi leurs
activités comme à l'accoutumée.
ILLUSTRATION
| Photographe: |
Lafleur,
Michel | Une centaine
d'ouvriers de la construction ont pris le maire de
Gatineau et entrepreneur, Robert Labine, comme
cible de leur manifestation, hier, parce que
celui-ci se serait déjà montré favorable au
travail au noir.
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