Même s'ils
ne digèrent pas la loi 142, les travailleurs de la
construction sont tous retournés au travail après
le congé des Fêtes, y compris ceux de
l'Outaouais.«Nous n'avons pas le choix, soutient
Léopold Marion, le président régional de la
CSN-Construction. Les amendes que le gouvernement
impose à ceux qui contreviennent à la loi sont les
plus sévères qu'on ait jamais vues.»
Il souligne entre autres une amende de 100 000
$ par jour, imposée au syndicat si les membres ne
se conforment pas à la loi.
Dans l'Outaouais, l'opposition à la loi 142,
qui abolit la réglementation des relations de
travail dans le secteur résidentiel de huit
logements et moins, n'a pas été aussi musclée
qu'ailleurs au Québec. Les chantiers ont été
paralysés pendant une journée dans l'Outaouais
métropolitain et des syndiqués CSN sont allés
faire du piquetage devant la maison du maire de
Gatineau, Robert Labine, et devant la maison
construite par l'ADAT (Association pour le droit
au travail).Dans certaines régions du Québec, les
chantiers ont été paralysés pendant deux semaines.
C'est à la suite de ces débrayages, souvent
marqués de violence et de vandalisme, que le
gouvernement a fait adopter, avant Noël, la loi
158, forçant le retour des ouvriers sur les
chantiers.
Les travailleurs sont retournés au lendemain de
la promulgation de la loi. On s'attendait à que
certaines activités reprennent au lendemain du
congé des Fêtes, mais tout a été calme, lundi.La
FTQ, la CSN et les autres centrales ont promis de
continuer leur opposition à la loi 142 qui touche
25 000 travailleurs de la construction
résidentielle. M. Marion a indiqué qu'il se
rendait, en fin de semaine, à Québec, pour une
réunion du bureau fédéral de la CSN où le dossier
de la construction sera à l'ordre du jour. C'est
probablement à ce moment que l'on parlera de
stratégies. Il sera également question de l'entente
entre l'Ontario et le Québec sur l'abolition des
barrières interprovinciales et des conséquences
pour les travailleurs de la construction dans la
région.«Je n'ai pas vu le document. Je ne peux pas
le commenter», a indiqué M. Marion.