Le Droit - Éditorial Mardi 22 mars 1994 Si la
mémoire est une faculté qui oublie, il faudrait
qu'elle fasse exception dans le cas du député de
Papineau Norm MacMillan.
Les travailleurs, avant que la Loi 142 ne soit
adoptée, devaient se cacher ou encore devaient
conduire deux heures par jour pour aller
travailler à Kanata ou Orléans, dans le seul but
de gagner leur vie et celle de leurs enfants. Cela
simplement parce qu'un gouvernement avait voté une
loi qui les rendait illégaux dans leur propre
province, un gouvernement qui se voulait
représentatif du peuple mais qui, hélas, préféra
se vendre aux syndicats.
Ceux-ci dictèrent au
gouvernement sa ligne de conduite dans le domaine de la construction, rendant
illégal le fait de travailler sans une carte soi-disant de compétence. Le plan était simple: légiférer afin de forcer
tout travailleur dans la province à obtenir un
permis de travail; obliger tout détenteur de ce
permis d'appartenir à un syndicat et former une
commission qui se chargerait de faire la collecte
des cotisations syndicales.
En retour les syndicats, avec cette source de
revenus garantis, promirent leur appui à ce qui se
voulait le parti du peuple, le Parti québécois.
Les travailleurs ainsi que les maires et les
conseillers de chacune des municipalités de
l'Outaouais qui ont appuyé la démarche de l'ADAT
(abolir ces permis de travail et la CCQ) ne
devraient pas oublier que M. MacMillan est le
député qui nous a supporté le plus dans cette
démarche. Il continue à le faire. Peut-être
n'a-t-il pas obtenu l'autoroute 50 mais, au moins,
il a obtenu le droit au travail pour tous les
travailleurs de son comté.
Nous espérons que ses concitoyens sauront lui
dire merci lors du prochain scrutin.
Jocelyn
Dumais, président, Association pour le droit au
Travail (ADAT)