 |
|
ADAT cp.190 stn "A" Ottawa K1N 8V2 COURRIEL; meritqc@adat.ca |
|
 |
|

Les travailleurs ontariens prendront en main
l'épineux dossier de la construction
Le Droit - Vendredi 6 septembre 1996
Marc-André Joanisse
Tannés, les
travailleurs de la construction de l'Ontario vont
fermer les chantiers où des travailleurs du Québec
gagnent leur vie, la veille d'une rencontre entre
les premiers ministres Mike Harris et Lucien
Bouchard.
L'appel à la mobilisation a été décidé, hier,
par une centaine de travailleurs rassemblés au
club de golf Pineview de Gloucester et qui veulent
à tout prix être maîtres sur leurs lieux de
travail.
«On ne connaît pas encore la date de cette
rencontre entre Harris et Bouchard, mais elle doit
se dérouler (en Ontario) d'ici la fin du mois de
septembre, a précisé le président de l'Association
du droit au travail, Jocelyn Dumais.
«D'ici là, on va se mettre à la tâche et
rejoindre le plus de travailleurs possibles,
a-t-il ajouté. Pour que l'opération soit un
succès, il nous faudra entre 3000 et 4000
travailleurs. On veut également savoir si c'est
légal de faire ce que l'on compte faire.»
Le président de l'ADAT a promis qu'il n'y
aurait pas de violence et que les travailleurs
ontariens ne feraient qu'inciter leurs collègues
du Québec à quitter ou à ne pas entrer sur le
chantier.
«L'époque des coups de poing est révolue. Ce
sera une démonstration pacifique.»
Déjà, quelques chantiers de construction ont
été pointés du doigt par les ouvriers de
l'Ontario. «Ce sont surtout des chantiers
résidentiels, dont ceux de Minto, a indiqué
M.Dumais. Il y a aussi la nouvelle école d'Orléans
dont le contrat est allé à Pomerleau et quelques
endroits à Kanata.»
Plus tard, ce sera l'Ambassade des États-Unis.
Ces endroits sont le symbole des problèmes qu'on
tente de régler. On veut la priorité sur nos
chantiers et si c'est de cette façon qu'on doit se
prendre pour sensibiliser le premier ministre de
l'Ontario, Mike Harris, on va le faire.»
Un des participants à la rencontre d'hier, le
député d'Ottawa-Est à Queen's Park, Bernard
Grand'Maître s'est vivement opposé à ce genre de
tactique.
«Il faut plutôt négocier et mettre de la
pression sur Harris, mais pas de cette façon»,
a-t-il affirmé.
L'élu a plutôt défendu la thèse suivante: ce
qui est beau pour le Québec l'est aussi pour
l'Ontario.
«En fermant les ponts, on brime les droits de
la personne et je ne suis pas d'accord avec ça.»
Avant de décider de fermer les chantiers de
construction ontariens aux travailleurs du Québec,
les participants à la rencontre - de gens qui
venaient d'aussi loin que Hawkesbury et Pembroke -
, ont tué dans l'oeuf une résolution du président
de l'ADAT, Jocelyn Dumais. Ils
ont aussi tiré au pied le député Jean-Marc
Lalonde, le parrain du projet de loi 60 qui
prévoit forcer les travailleurs du Québec à
posséder un permis de travail ontatien pour
oeuvrer sur les chantiers de la province.
La résolution de l'ADAT suggérait la mise en
place d'une zone tampon de 50 kilomètres des deux
côtés de la rivière des Outaouais et où certains
privilèges seraient accordés aux travailleurs de
l'Ontario.
«C'est pas ce qu'on veut, a dit un homme qui a
refusé de s'identifier au photographe du Droit. On
ne veut pas travailler en sol québécois alors
qu'on ferme les ponts.»
À la fin de la rencontre, Jocelyn
Dumais a admis qu'il se doutait un peu
que sa résolution allait être battue en un temps
record.
«Je l'admets, elle a servi à préparer le
terrain. Maintenant c'est aux travailleurs de
faire leur part. Ils veulent fermer les chantiers
aux travailleurs québécois, et bien on va le
faire. À la condition qu'ils soient au
rendez-vous.»
|
|
|