
Dumais dépose une plainte
Le Droit - Jeudi 30 janvier 1997 Denis Gratton
Le
président de l'Association pour le droit au
travail (ADAT), Jocelyn Dumais, a
déposé une plainte au tribunal international des
Nations unies, à Genève, contre les gouvernements
du Canada et du Québec.
Cette association, qui préconise depuis
toujours la libre circulation des travailleurs de
la construction et l'élimination des syndicats,
souhaite, par cette plainte, l'abolition de la Loi
provinciale sur les relations de travail dans
l'industrie de la construction.
«Cette plainte a pour but de faire abolir le
syndicat obligatoire et l'obligation de percevoir
les cotisations syndicales. Nous voulons avoir le
droit de ne pas nous joindre à un syndicat», a
déclaré M. Dumais.
Cette plainte vise premièrement le gouvernement
fédéral, explique M. Dumais, parce que le Canada
est signataire de nombreux pactes et conventions.
«Le Canada, qui se dit grand défenseur des
principes de liberté, tels que promulgués par la
Déclaration universelle des droits de l'Homme, n'a
pas su faire respecter ces grands principes à
l'intérieur de son territoire et ceci, malgré le
fait qu'une Charte des droits et libertés est
incluse dans sa Constitution», peut-on lire dans
la plainte officielle déposée par l'ADAT à l'ONU.
Par ailleurs, le gouvernement du Québec serait
également fautif parce qu'il a adopté, il y a près
de 30 ans, la Loi des relations du travail dans
l'industrie de la construction; une loi qui, selon
l'ADAT, va à l'encontre de la Charte des droits et
libertés.
«Cette loi devait rendre obligatoire
l'appartenance à un syndicat ou une association de
même que le précompte des cotisations, comme
prérequis pour travailler dans cette industrie.
Par après, ce ne fut qu'une suite de mesures
visant à donner plus de pouvoirs aux syndicats, a
écrit M. Dumais dans sa plainte.
«Ainsi, a-t-il ajouté, ceux qui, comme moi,
s'affichent publiquement contre ce système sont forcés de s'expatrier, ou ils se
font ruiner économiquement, quand ils ne sont pas envoyés en prison pour ne pas
avoir été capables de payer les amendes qui leur sont imposées pour avoir défié
le système.»
M. Dumais dit obtenir l'appui de plusieurs
associations dans sa démarche, dont le American
Builders and Contractors Association, le Merit
Contractors Association of Canada et le New
Zealand Employer's Federation.
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