Un an et demi
après la signature de l'entente sur la mobilité
des travailleurs de la construction entre le
Québec et l'Ontario, plusieurs politiciens et
entrepreneurs de l'Est ontarien soutiennent que la
situation demeure inchangée: seulement une poignée
de leurs collègues peuvent oeuvrer sans problèmes
sur les chantiers de l'Outaouais.
Ces derniers comptent souligner leurs
frustrations et impatience aux haut fonctionnaires
des deux provinces durant une audience publique
qui aura lieu à Ottawa, lundi prochain, afin de
faire une mise à jour sur cette entente. Prévue
dans l'accord interprovincial de 1996, cette
journée a été repoussée à plusieurs reprises dans
les derniers mois en raison du verglas et de la
lenteur des gouvernements à élaborer la liste des
14 entrepreneurs appelés à témoigner.
«Cette entente ne fait que bénéficier à
certains travailleurs et on espère que, à la suite
de cette audience, les deux gouvernements puissent
être en mesure de satisfaire tout le monde, une
fois pour toutes», a expliqué le député provincial
de Prescott-Russell, Jean-Marc Lalonde.
Sept entrepreneurs ontariens provenant des
quatre coins de la province prendront notamment la
parole, dont trois de la région. Un des
participants, le président de l'Association pour
le droit au travail (ADAT), Jocelyn Dumais,
maintiendra que les règles québécoises ne sont pas
équitables et briment les libertés individuelles
des travailleurs qui doivent adhérer à une des
cinq centrales syndicales.
«Il est faut de croire que les Ontariens
peuvent travailler sans problèmes en Outaouais
depuis cette entente, a soutenu M. Dumais. On va
sensibiliser le gouvernement Bouchard à garder
parole et s'ouvrir au commerce extérieur. Il peut
le faire en harmonisant la loi sur les relations
de travail comme il l'a déjà fait pour les taxes
sur l'essence dans la région.»
Du côté québécois, on soutient que les
barrières interprovinciales sont du passé. Aux
dires de la député de Chapleau, Claire Vaive, il
n'y a pas de problèmes sur les chantiers en
Outaouais.
«L'entente favorise beaucoup plus les gens de
l'Ontario que du Québec, a même fait valoir la
représentante libérale. On a de nos plombiers et
électriciens qui vont travailler de l'autre côté
de la rivière et qui doivent débourser des frais
imposés par certaines municipalités. Ces gens-là,
on ne les entend pas gueuler.»