Les
entrepreneurs des deux côtés de la rivière des
Outaouais auraient été mal informés concernant les
diverses dispositions contenues dans l'entente sur
la mobilité des travailleurs de la construction
entre le Québec et l'Ontario.
C'est du moins l'avis des représentants des
deux gouvernements provinciaux qui participaient,
hier à Ottawa, à une audience publique visant à
faire une mise à jour sur cet accord signé en
décembre 1996.
Plus de 14 entrepreneurs ontariens et québécois
ont défilé devant les six parlementaires pour
exprimer leurs frustrations et impatience
concernant leurs problèmes à travailler sur les
chantiers des provinces voisines.
Chez les entreprises de l'est ontarien, on a décrié une
fois de plus que les règles québécoises ne sont pas équitables et briment les
libertés individuelles des travailleurs qui doivent adhérer à une des cinq
centrales syndicales. Quant aux travailleurs québécois oeuvrant dans
la capitale nationale, on a surtout déploré le
traitement accordé par les municipalités
ontariennes qui imposent des frais de permis de
travail.
Bernard
Grandmaître
Selon le député libéral d'Ottawa-Est, Bernard
Grandmaître, tous les problèmes vécus actuellement
par les travailleurs de la construction auraient
pu être facilement évités. «On n'a pas pris le
temps de les éduquer sur toutes les conséquences
de l'entente sur eux. C'est ce que nous allons
corriger dans les prochains mois», a-t-il promis.
Les
gouvernements Harris et Bouchard se sont aussi entendus pour augmenter la
fréquence des rencontres interprovinciales pour discuter de points litigieux de
l'accord. Depuis 1996, une seule rencontre a eu
lieu à ce sujet
.
François Beaulne
«Tout le monde a des irritants et il n'y a pas
un côté qui est plus défavorisé que l'autre», a
répété François Beaulne, le député de
Marguerite-D'Youville et vice-président de la
Commission de l'économie et du travail du Québec.
Du même souffle, ce dernier a refuté les
allégations des associations de travailleurs
ontariens qui clament que le gouvernement
québécois s'avère très réticent à apporter des
modifications. «L'entente est jeune. Il faut lui
donner du temps. Et si on doit apporter des
modifications, il faudra des concessions
mutuelles», a souligné M. Beaulne.
Même si les entrepreneurs ontariens et
québécois sont ressortis bredouilles de cette
journée, les frustrations des derniers mois
semblaient avoir laissé place à un optmisme
renouvellé.
«Notre message a semblé passer. Il semble y
avoir une certaine volonté au ministère du Travail
pour ajuster certains points mais c'est encore
Québec qui se fait tirer l'oreille», a affirmé Jocelyn
Dumais, le président de l'Association
pour le droit au travail (ADAT). Comme plusieurs
autres entrepreneurs, ce dernier a prêché pour que
la région devienne le centre d'un projet-pilote où
la majorité de la règlementation serait diminuée
au strict minimum pour le domaine de la
construction.
ILLUSTRATION
Dans le passé, le dossier des travailleurs de
la construction du Québec et de l'Ontario a donné
lieu à de nombreuses querelles et manifestations,
comme celle-ci, en décembre 1996.