Le
Droit - mercredi 27 février 2002 Patrick Duquette
La promesse du ministre d'État aux Ressources
humaines et au Travail, Jean Rochon, d'élargir les conditions d'accès aux
chantiers de construction du Québec a suscité une réaction «extrêmement
positive» de l'APCHQ-Outaouais.
À l'invitation de l'APCHQ, le
président de l'ADAT, Jocelyn Dumais, a rencontré le ministre Rochon hier matin.
Cette rencontre «a peut-être été la plus positive qu'on ait eue», a-t-il
déclaré.
L'ADAT représente des ouvriers québécois sans carte de
compétence qui travaillent majoritairement en Ontario. L'association se
plaignait la semaine dernière d'être exclue du débat même si ses membres sont au
centre du problème.
«On a noté une ouverture d'esprit de la part du
ministre. Il a compris qu'on était un élément. On a fait comprendre que si on
veut régler le problème, il fallait parler au problème», a dit M.
Dumais. Son directeur, Benoît Mottard, réclamait des assouplissements
au système de réglementation en vigueur au Québec, afin de régler le problème de
la pénurie de main-d'oeuvre.
«C'est extrêmement positif, car à la fois le
problème d'accès à l'industrie et la pénurie de main-d'oeuvre sont enfin
reconnus», a-t-il commenté hier après la conférence donnée par le ministre
Rochon.
L'association patronale espère cependant que le ministre restera
ferme dans ses intentions, même en cas de règlement subit du conflit sur la
mobilité de la main-d'oeuvre entre le Québec et l'Ontario. «On souhaite un
engagement ferme de la part du ministre, même dans l'éventualité où le conflit
ne perdurerait pas», a dit M. Mottard.
Du côté des syndicats, certains
ont apprécié l'attitude de M. Rochon qui refuse de négocier sous la menace avec
l'Ontario.
«Que le ministre se tienne debout!» ont lancé Jean-Marc
Desjardins, du Syndicat international des peintres et métiers connexes, et
Daniel Cloutier, directeur provincial de la Fraternité interprovinciale des
ouvriers en électricité. Les deux hommes font partie du conseil conjoint, un
regroupement de syndicats qui représentent des milliers d'ouvriers québécois en
Outaouais.
Du côté de la CSN-Construction, un plus petit syndicat avec
800 membres en Outaouais, le président Ted McLaren accueille avec une certaine
méfiance la volonté du ministre d'élargir les critères d'accès aux chantiers.
M. McLaren n'est pas prêt à faire de concessions sur les conditions qui
garantissent la compétence des travailleurs. Il propose plutôt de conserver les
critères actuels, tout en accélérant le processus long et compliqué qui mène à
l'obtention d'un certificat de compétence.
«L'idée n'est pas d'assouplir
les critères, mais de reconnaître les compétences de ceux qui travaillent de
l'autre bord (en Ontario)», rappelle-t-il.