Le président de l'Association pour le droit au travail (ADAT),
Jocelyn Dumais, ne manque pas de ténacité. Après avoir essuyé un échec devant la
cour du Québec le mois dernier dans le dossier des cartes de compétence des
travailleurs de la construction, M. Dumais avait dit qu'il songeait à abandonner
la lutte, mais il a finalement décidé revenir à la charge et demander au plus
haut tribunal de la province de se prononcer.
« La décision du juge ne tenait pas compte du fait que l'Ontario
a pris des mesures contre le Québec. Il y a des milliers de citoyens au Québec
qui tentent de travailler dans l'industrie de la construction. Le juge n'a pas
regardé le problème avec assez de profondeur, de là notre décision d'en appeler
», a expliqué M. Dumais. Le 19 décembre dernier, le juge Pierre Chevalier
avait statué que la loi qui oblige les ouvriers de la construction à détenir un
certificat de compétence pour travailler sur un chantier au Québec ne
contrevient pas à la Charte canadienne des droits et liberté et que celle-ci
était donc légale. En contestant la décision du juge, le président de l'ADAT
veut mettre toutes les chances de son côté en attendant le dénouement des
négociations entre les gouvernements de l'Ontario et du Québec. « Nous avons
confiance que les gouvernements arriveront à s'entendre et les discussions se
poursuivent, mais vaut mieux avoir une police d'assurance et ne pas laisser tout
entre les mains des gouvernements. S'ils en viennent à une entente favorable, on
pourra toujours laisser tomber notre appel », a indiqué M. Dumais, hier
après-midi.